Une « tortue hargneuse » dans le Moron

Le 14 juin dernier au cours d’une prospection de terrain, les services techniques du syndicat ont fait la découverte d’une espèce de Chélonien non ordinaire : la tortue serpentine ou hargneuse (Chelydra serpentina) figée au fond du lit de la rivière sans doute à l’affût d’une proie éventuelle.

Il s’agit d’une espèce de tortue exotique commercialisée en France suite à l’interdiction de l’importation de la Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) en Europe en 1997. Comme pour la Tortue de Floride, des propriétaires se sont débarrassés de leurs animaux devenant trop encombrants en les relâchant dans la nature.

En 2013, Kopecky et al. ont estimé le risque de l’établissement de l’espèce en France comme étant « sérieux », compte tenu de la correspondance climatique avec son aire d’origine, sa capacité à s’établir et sa fréquence d’importation.

 

La question d’une possible reproduction en milieu naturel se pose donc pour l’individu capturé ?

Nous avons pu estimer l’âge de la tortue à une vingtaine d’années (par lecture des cernes de croissance sur les écailles), ce qui semble coïncider avec la date d’interdiction de vente de l’espèce. La reproduction en milieu naturel ne semble donc pas avoir eu lieu.

Que faire en cas de découverte d’une tortue exogène ?

Quand un tel cas de figure se présente, deux organismes sont à contacter, le premier est l’Office Français de la Biodiversité qui est habilité sur ce sujet et pourra confirmer s’il s’agit bien d’une espèce exogène. Une deuxième structure, l’association Cistude Nature peut aider dans un second temps à placer l’animal dans un centre de refuge via son réseau de partenaires.

Des animaux trop souvent diabolisés !

Certes, la tortue hargneuse tout comme la tortue de Floride est une espèce exotique. Sa présence dans nos milieux naturels cause des déséquilibres et fait notamment concurrence à notre Cistude d’Europe (tortue indigène aquatique) dont la population semble d’ailleurs peu abondante sur le bassin versant du Moron.

Toutefois, il faut garder à l’esprit que ces animaux se retrouvent malgré eux lâchés dans nos milieux naturels par des propriétaires peu responsables qui ont succombé à la tentation momentanée d’une acquisition permettant un large et rentable commerce mercantile …

D’un point de vue éthique, il nous apparaît important de « dé-diaboliser » la communication autour de ces espèces et de trouver des alternatives à leur destruction telle que la mise en centre de refuge adapté.



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